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1481 Entrée de Fribourg dans la Confédération suisse

Pendant près de deux siècles, Fribourg est sous la domination des Habsbourg (1277-1452). De nombreuses vicissitudes, tant militaires que politiques, marqueront cette période. Mais la cité des bords de la Sarine connaîtra également une prospérité certaine. La communauté des bourgeois prend son destin en main : la ville s’agrandit, les métiers s’organisent en corporations, l’éducation et l’assistance se développent. Alors que débute la construction d’une nouvelle église dédiée à saint Nicolas (1283), dont les travaux dureront plusieurs siècles, Fribourg adapte son système politique à son extension. Ainsi, par la Lettre des Bannerets (1404), elle se donne une nouvelle constitution. 
 
Mais dès le milieu du XVe siècle, la situation politique se dégrade. Fidèles de la Savoie et partisans des Autrichiens s’affrontent régulièrement, et ce durant plusieurs années. Devant une telle confusion, la ville se place sous la suzeraineté de la Savoie (1452-1477) et renouvelle l’important traité de combourgeoisie passé en 1403 avec Berne qui, pour sa part, rencontre des difficultés avec la Bourgogne. En effet, Charles le Téméraire reçoit en gage de l’Autriche des terres proches de l’Argovie bernoise (1469). Membre de la Ligue des cantons suisses depuis 1353, Berne va entraîner Fribourg dans une guerre contre le Téméraire et la Savoie, son alliée.
 
Combourgeoise, Fribourg prend part aux opérations militaires, en particulier à la retentissante victoire de Morat, le 22 juin 1476. Affranchie de la Savoie, Fribourg se voit accorder l’immédiateté impériale (1478), avant d’être reçue avec Soleure dans la Confédération des cantons suisses, à qui elle apporte sa première communauté bilingue (22 décembre 1481). Si, en 1483, l’allemand devient la langue officielle des autorités et ce jusqu’à la chute de l’Ancien Régime, en 1798, les Fribourgeois n’en continuent pas moins à pratiquer leurs parlers traditionnels, soit le franco-provençal et les dialectes alémaniques.

Traité d'alliance de 1481 Traité d'alliance de 1481 scellant l'entrée de Fribourg dans la Ligue des cantons suisses. [Archives de l'Etat de Fribourg].

Au cours des XVe et XVIe siècles, Fribourg va se constituer un territoire pratiquement définitif en acquérant plusieurs seigneuries et villages, en participant à la conquête du Pays de Vaud (1536) et, toujours en compagnie de Berne, à la dissolution et au partage du Comté de Gruyère (1554-1555). En politique extérieure, Fribourg adopte une attitude pondérée, influencée par la France, sa principale alliée et protectrice. C’est d'ailleurs dans notre cité que sera signée, en 1516, la Paix perpétuelle entre la France et les cantons suisses, suite aux Guerres d’Italie, paix marquant le début d’une politique helvétique de neutralité.
 
Grâce à la fabrication et au commerce des lames de faux, des cuirs et surtout des draps, Fribourg connaît, sur le plan économique, une très grande prospérité. Les marchands fribourgeois sont au rendez-vous des grandes foires, notamment à Genève et à Zurzach, et bénéficient également des avantages que constitue l’axe du Gothard, ouvert dès le XIIIe siècle. Mais au début des Temps modernes, la conjonction de plusieurs facteurs - baisse dans la qualité de production, guerres, mercenariat, développement de nouvelles voies commerciales, Réforme protestante, ... - provoque le déclin de son industrie.

Sur le plan artistique, les arts connaissent aux XVIe et XVIIe siècles un brillant développement avec entre autres les œuvres des sculpteurs Hans Geiler et Hans Gieng (fontaines Renaissance), du peintre Hans Fries, auteur de nombreux retables, sans oublier les créations de l’atelier des frères Reyff qui contribuent également à façonner l’image du « Fribourg artistique ». C’est aussi le temps de la Réforme à laquelle Fribourg, citadelle du Catholicisme, résiste, se trouvant même entièrement entourée de pays protestants dès 1536. Participant activement à la « renaissance de l’esprit catholique », les Jésuites s’engagent dès 1580 dans la fondation du Collège Saint-Michel, dont Pierre Canisius sera « l’âme » pendant dix-sept ans. D’autres communautés religieuses rejoindront peu après la Compagnie de Jésus, s’ajoutant à celles déjà établies dans notre cité au XIIIe siècle. C’est également à cette époque que sont imprimés à Fribourg les premiers livres (1585).