Postulat n° 13 - Demande de présenter un rapport sur des mesures structurelles de lutte contre le harcèlement de rue et contre le sentiment d’insécurité qu’il génère

S. Zurich (PS), R. Bassil (PS), S. Delaloye (PS), F. Delarze (PS), N. Khamel Seewer (PS), I. Mosoba (PS), N. Piller (PS), I. Rrustemi (PS), M. Vonlanthen (PS)

Développement du postulat

Le Conseil communal est chargé de présenter un rapport proposant des mesures structurelles permettant de lutter efficacement contre le harcèlement de rue et contre le sentiment d’insécurité qu’il génère.

Le rapport analysera notamment les mesures possibles dans les domaines suivants:

  • Espace public: aménagement, illumination, visibilité des passant·e·s;
  • Intégration des usagères et usagers: démarches participatives, marches exploratoires, sensibilisation visant une solidarité des usagères et usagers de l’espace public;
  • Formation: cours à l’attention notamment des employé·e·s de la Ville, des forces de police, des tenancières et tenanciers de bar, des employé·e·s des transports publics et agent·e·s de sécurité.
  • À la suite d’un premier postulat déposé en 2017, la Ville de Fribourg a mandaté en 2019 la Haute école de travail social Fribourg pour réaliser une étude sur le harcèlement de rue, un fléau découlant du sexisme. Un plan d’action a ensuite été élaboré par le secteur de la Cohésion sociale. Ce plan d’action présente de nombreuses mesures, visant principalement à renforcer la sensibilisation contre ce fléau et à assurer les échanges et la participation des associations et personnes concernées.

Force est de constater que de nombreux autres facteurs ont une influence sur le sentiment de sécurité en ville et sur le harcèlement. L’aménagement de l’espace public est ainsi un facteur décisif: historiquement considéré comme un espace masculin, il a été principalement développé par ou pour les hommes. Cela crée un impact considérable pour les femmes, en augmentant la charge mentale, en conduisant à des stratégies d’évitement, voire au retrait de l’espace public. Il est donc nécessaire d’aménager l’espace public pour rendre la ville plus inclusive et accueillante et de veiller à ce que l’espace public soit attractif et fréquenté par tou·te·s, particulièrement par les femmes. Il convient de ne pas traiter cette catégorie de la population comme un groupe homogène mais de prendre en compte d’autres caractéristiques sociales telles que l’identité sexuelle, le fait d’être une femme racisée, la diversité fonctionnelle ou encore l’âge.

En intégrant la perspective de genre dans l’aménagement de l’espace public (mobilier, éclairage…) la Ville participera à la poursuite de l’objectif n°11 de l’Agenda 2030 des Nations Unies, "Rendre les villes et les établissements humains inclusifs, sûrs, résilients et durables", et particulièrement le point  11.7: "D’ici à 2030, assurer l’accès de tous, en particulier des femmes et des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées, à des espaces verts et des espaces publics sûrs".

La Ville étudiera en outre la possibilité de mieux intégrer les usagères et les usagers de l’espace public, notamment par le biais de démarches participatives et/ou de marches exploratoires. Elle complétera les projets de campagnes de sensibilisation par une communication visant à renforcer la solidarité entre usagères et usagers.

Finalement, la Ville mettra sur pied des formations ou soutiendra les offres de formation existantes destinées aux personnes potentiellement confrontées au harcèlement de rue dans le cadre de leur fonction, notamment les agents de la Police locale, les tenancières et tenanciers de bar, les employé·e·s des transports publics et les agent·e·s de sécurité.

Fribourg, le 28 juin 2021