Question n° 81 - Attribution de places de stationnement pour véhicules motorisés à deux-roues au centre-ville

C. Sautaux (Le Centre/PVL)

Question

Les différents travaux de réaménagement du centre-ville, ces deux dernières années, ont pour corollaire la suppression de places de parc destinées aux véhicules motorisés à deux-roues, (2RM).

J’ai relu le rapport du Conseil communal du 11 janvier 2021 au postulat n° 117, déposé en octobre 2019 par notre collègue du Centre Jean-Frédéric Python. Le rapport concluait: "On constate que la Ville de Fribourg a la chance actuellement de ne pas souffrir de problèmes particuliers liés aux 2RM. '...' Il ne s’agit donc pas d’interdire les 2RM mais de prendre en compte les externalités négatives qu’ils génèrent. '…' Une offre est toujours mise à disposition, sans trop de contraintes mais avec mesure. Le diagnostic de la situation actuelle semble montrer que cet équilibre constitue la bonne approche"[1].

En juin 2022, je ne partage pas le constat dudit rapport, pourtant récent car daté de janvier 2021.

Je pense rallier l’unanimité en citant que l’espace public doit être partagé entre tous: piétons, trottinettes, vélos, motos, voitures, bus etc. Force est de constater que la réalité n’est pas telle que décrite dans le rapport du Conseil communal précité. Mes questions sont donc les suivantes:

  • combien de places de parc moto-scooter ont été supprimées depuis janvier 2021 notamment
    a) sur le secteur central boulevard de Pérolles, Gare?
    b) et sur l’entier du territoire communal?

Toujours dans le même rapport du 11 janvier 2021, le Conseil Communal stipule: "Il n’y a toutefois pas non plus de raison de faire disparaître les 2RM de l’espace public et comme pour les automobiles, il convient plutôt d’avoir une bonne maîtrise de ce mode de déplacement". Selon le rapport du Conseil communal, "envisager des possibilités de stationnement payant se justifierait si on considère que les détenteurs de 2RM 'consomment' de l’espace public sans contrepartie, contrairement aux automobilistes qui paient leur temps de stationnement".

S’agissant de parking, force est de constater qu’un vélo avec remorque, un vélo électrique grande vitesse et un vélo cargo occupent tout autant de place dans l’espace public qu’un simple 2RM et donc consomment aussi de l’espace public. Dans l’hypothèse où les places de parc pour 2RM devraient devenir payantes, le Conseil communal mènera-t-il auparavant une réflexion globale axée sur cet aspect de la consommation d’espace public, et ceci pour chacun des types de moyen de transport qui se partagent l’espace public?

Finalement, une dernière question d’actualité. De nombreux parkings réservés exclusivement aux vélos et vélos électriques ont été créés en des endroits stratégiques au centre-ville. En plusieurs endroits, ces places pour vélos ont remplacé des places mixtes vélos-2RM (par exemple dans le secteur de la Gare). Comment doit se comporter le conducteur ou la conductrice d’un 2RM qui, après avoir tourné en ville et finalement trouvé un secteur autorisé aux 2RM, ne pourra quand même pas s’y parquer car occupé par des vélos? Ceci ne serait en fait pas un réel problème si le 2RM qui doit se parquer hors case ou sur un secteur destiné aux vélos n’était pas passible d’une contravention.

Le conducteur ou la conductrice d’un vélo peut actuellement le déposer où bon lui semble et sans aucun souci de contravention. Une inégalité de traitement entre conducteurs et conductrices de vélos, respectivement de 2RM, semble ici clairement identifiée et je le déplore vivement. Que va entreprendre le Conseil communal pour y remédier?

Je termine par un clin d’œil final à mes collègues qui viennent de déposer le postulat no 49. S’il est bien vrai qu’il n’est jamais agréable pour un conducteur ou conductrice de vélo de devoir prendre son véhicule lorsqu’il a plu ou neigé, le désagrément est pareil pour les 2RM et donc des abris à 2RM seront également bienvenus.

[1]Source: rapport final du Conseil communal au postulat n° 117 du 11 janvier 2021 (page 6)

 

 

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