F. Miche (PS)
Question
Le 14 juin, Bâle a approuvé un projet pilote de quatre ans avec des pigeonniers contrôlés et un suivi sanitaire. Le Conseil communal envisage-t-il d’étudier un dispositif similaire à Fribourg?
Réponse du Conseil communal
La présence en nombre des pigeons en ville, qui étaient historiquement domestiqués mais qui ont retrouvé leur liberté et qui se sont acclimatés au milieu urbain, entraîne des problèmes. En effet, les amas importants de fientes dans des endroits qui sont à l’abri des intempéries ne se régénèrent pas. Il y a l’aspect visuel, mais au-delà de ça, l’acidité des déjections détériore les structures. De plus, ça contient surtout de nombreuses bactéries, notamment l’ornithose et la salmonellose. Ceci fait que la gestion de la présence des pigeons n’est pas un pur confort, c’est un réel problème de santé.
Plus concrètement sur la gestion, la régulation des pigeons est du ressort du Service cantonal des forêts et de la nature (SFN). La Police locale intervient sur demande du SFN ou des propriétaires privés et cette intervention se concentre prioritairement sur la prévention, à savoir des mesures que l’on peut mettre en place précisément pour éviter que les pigeons aillent se nicher dans des endroits abrités et ne prolifèrent ou ne fassent des déjections qui ne sont pas naturellement nettoyées (mise en place de filets, de piquets ou d’ultrasons). La Police locale dispose également d’une autorisation de capture, qu’elle utilise avec énormément de parcimonie. Il s’agit de capture au moyen d’appâts et, dans ce cas, les pigeons sont relâchés. C’est uniquement en dernier recours et en coordination avec le SFN qu’une euthanasie peut avoir lieu lorsque le spécimen concerné est malade et qu’il y a donc un risque de santé publique.
Le Conseil communal n’entend a priori pas s’écarter de cette gestion pragmatique, d’une part parce qu’il n’y a plus de pigeonniers en ville de Fribourg depuis 2021. Le dernier qui était géré par le SFN se trouvait à la Tour Henri. D’autre part, parce que la gestion a fait ses preuves. En 2025, le nombre d’heures dédiées par la Police locale à la gestion des animaux sauvages en ville de Fribourg (par exemple pigeons, corbeaux et chats) est de trente. On a une situation qui est stable en ce qui concerne les pigeons, car c’est une population qui s’autorégule actuellement naturellement. Il n’y a pas de changement à faire.
Pour conclure, je profite de rappeler qu’il est interdit de nourrir les oiseaux sur le territoire communal. Ce n’est pas pour embêter les gens, mais pour éviter la prolifération et pour des raisons de santé des animaux en question.