Question n° 2 (2026-2031) - Organisation et sécurité des célébrations du titre de champion de Suisse du Hockey Club Fribourg-Gottéron

C. Revaz (Le Centre/PVL)

Question

Nous l’avons déjà entendu maintes fois ce soir, le 30 avril dernier, Fribourg-Gottéron a gagné son premier titre de champion de Suisse. Je tiens à saluer l’exploit de notre club de hockey sur glace, Fribourg Gottéron, jeudi 30 avril dernier, ainsi que le succès populaire des célébrations qui ont suivies.

Je tiens également à relever l’engagement important des différents services de notre administration mobilisés, qu’il s’agisse de la Police locale ou de la Voirie, qui ont permis d’assurer le bon déroulement des festivités et de remettre rapidement la ville en état, à la fois le 30 avril et le 2 mai dernier.

Cela étant dit, l’ampleur de la participation populaire soulève aussi certaines questions en matière d’organisation et de sécurité.

J’ai donc les questions suivantes:

1.     Comment s’est organisée la répartition des responsabilités entre le club, la Ville, le Canton et la Préfecture dans la préparation et l’encadrement de ces événements?

2.     Quelles mesures avaient été prévues pour la gestion des flux de personnes sur la place du Fair-Play, notamment afin d’éviter des zones de forte densité ou des mouvements de foule?

3.     Des analyses de risque spécifiques avaient-elles été réalisées en amont, compte tenu de l’affluence attendue?

4.     Des dispositions particulières étaient-elles prévues concernant les objets introduits sur la place du Fair-Play, notamment les contenants en verre ou les engins pyrotechniques?

5.     Enfin, un retour d’expérience est-il prévu afin d’identifier d’éventuels axes d’amélioration pour ce type d’événements à l’avenir?

Réponse du Conseil communal

Merci à Madame la conseillère générale Caroline Revaz de m’avoir envoyé ses questions ce matin. Je me permets d'y répondre directement. Ça vous montre aussi qu’on était prêts pour cet événement. Je rappelle en préambule le caractère exceptionnel de ces deux soirées, notamment le 2 mai avec 80’000 participants, le fait que ça s’est fait dans des délais très courts, l’impossibilité évidemment face à une telle ampleur de tout maîtriser mais la volonté à chaque fois de tout accompagner et, enfin, l’absence d’incidents majeurs, ça a encore été confirmé dans "La Liberté" du jour, selon la communication de la Police cantonale.

Globalement, les réponses valent pour les deux soirées. Le dispositif mis en place le 2 mai recoupe celui qui a été mis en place jeudi soir; il était même encore plus grand, avec des ajouts qui ne sont pas forcément visibles.

1.     La responsabilité principale de l’organisation de tous les événements liés aux festivités à la suite de la victoire du HC Fribourg-Gottéron incombe au club. Les aspects sécuritaires à l’intérieur et sur la place du Fair-Play sont de la responsabilité du club qui a mandaté une agence de sécurité.
    Les autorités sont-elles responsables de l’ordre public autour de la manifestation et en ville de Fribourg?

    On a un cadre légal qui fait que les prérogatives sécuritaires appartiennent à la Police cantonale. Je vous renvoie à l’article 5 de la loi sur la police qui a l’unité de la force publique sur l’ensemble du territoire cantonal. Elle est gérée en coordination avec la Préfecture via les conditions dans l’autorisation de l’événement. Sur la base des prérogatives, la Police cantonale a endossé la coordination et la Police locale a été impliquée dans le dispositif pour la gestion de la circulation sous les ordres de la Police cantonale. Le rôle de la Police locale était de mettre en place l’infrastructure pour le cortège et gérer la circulation.

    J’ai parlé de coordination, elle a été très importante: la Préfecture et d’autres services et secteurs de la Ville de Fribourg, les TPF, le HC Fribourg-Gottéron, le Réseau Santé de la Sarine, le 144. Donc, on a anticipé tous les scénarios possibles et imaginables.

2.     Les mesures prévues pour la gestion des flux. Comme dit, mais je vous réponds magnanime, le concept de sécurité de la place a été élaboré par le club, c’était sa responsabilité. Il a fait appel à un expert tiers qui a élaboré des plans d’emplacement des infrastructures en tenant compte de la foule et des voies d’évacuation.

    Dans le protocole d’engagement de la Police locale, il y a un risque grave qui a été considéré, soit celui de mouvement de foule incontrôlé, piétinement ou écrasement de personnes et donc il a appliqué les mesures suivantes, sans prétention à l’exhaustivité, car cela relève de la Police cantonale et aussi parce qu'il y a certaines informations qui doivent rester discrètes pour des raisons d’organisation de la Police cantonale face à de tels événements. En termes de planification, il y a évidemment toujours des axes de dispersion avec des gabarits élevés qui sont prévus, qu’on peut ensuite libérer. En l’occurrence, il n’y a eu aucun besoin d’activation de ces libérations. Mais pour vous donner un exemple, dans le cas concret, c’est typiquement l’espace entre la halle omnisports et la salle communale qui est une voie d’évacuation, compte tenu de son gabarit large. Il y a la mise en place d’une communication d’urgence à la foule, ce qu’on appelle un crowd control qui n’a pas dû être activé non plus.

    Il y a un concept sanitaire très important qui a été mis en place, à savoir six patrouilles de secouristes le long du parcours, une ambulance à la BCF Arena avec trois ambulances en réserve à proximité, deux postes de secours, l'un à mi-parcours, l'autre à l’arrivée, un poste médical avancé à la Poya qui a reçu la visite de 40 personnes le jeudi soir pour seulement trois blessés transférés à l’hôpital. Il y a un concept feu avec deux tonnes-pompes dont l’équipage était prêt à intervenir à deux endroits du périmètre de l’événement. Et enfin, pour ce qui relève davantage de la Police locale, une exclusion de la mobilité dans un large périmètre autour de la manifestation, précisément pour éviter des conflits en cas d’évacuation des personnes et à la fin de l’événement. Et pour terminer, concept amok, donc mise en place de protection contre les voitures béliers.

    En termes de contrôle et d’analyse de la situation pendant l’événement, pour éviter tout risque par rapport à ces mouvements de foule, il y a une présence visible préventive et dissuasive de la Police cantonale dans la zone d’influence, il y a une conduite de la manifestation par un poste de commandement qui conduisait toute la manifestation depuis la Police cantonale et enfin un autre poste de commandement avec une vue directe sur la place du Fair Play. Je ne vais pas vous révéler son emplacement, mais qui était aussi présent.

3.     Les analyses spécifiques des risques en amont: deux catégories de risques, les risques les plus probables sont les suivants, ceux qui ont été identifiés:

-     mobilité dégradée;
-     afflux de personnes dépassant les capacités infrastructurelles et sécuritaires;
-     enfants égarés; En l’occurrence deux enfants se sont perdus et il y a eu l’appel sur la scène et ils ont retrouvé les personnes qui les accompagnaient.
-     littering et urinage sauvage;
-     stationnement sauvage;
-     usage d’engins pyrotechniques;
-     comportement désinhibé, provoquant ou oppositionnel;
-     bagarres et troubles à l’ordre public.

    Ce sont donc les risques les plus probables qui peuvent arriver en cours d’événement. Et enfin, les risques les plus graves, donc ceux qu’on veut éviter et qui correspondent aux mesures que j’ai citées avant:

-     mouvement de foule incontrôlé;
-     piétinement ou écrasement de personnes par le camion de parade;
-     véhicules hors de contrôle ou passant en force dans la foule;
-     événements de type amok ou terror, donc à connotation terroriste.

4.     Comme je vous l’ai indiqué, c’était de la responsabilité du club de Gottéron et ensuite ça faisait l’objet des conditions de la Préfecture dans son autorisation de l’événement.

    Je peux déduire qu’il n’y avait pas une condition par rapport au fait qu’il n’y ait aucun objet pyrotechnique sur les lieux, mais je relève tout de même qu’il y a eu une communication de la Police cantonale, en tout cas le soir du 30 avril, avec une interdiction des engins pyrotechniques et, comme dit, les concepts sanitaires et pompiers mis en place tout autour du site: un camion pompier, un poste de secours, une patrouille de secouristes, une ambulance, un poste médical avancé, un poste de commandement sanitaire, en plus de ce que j’ai dit avant, tout ça organisé avec des accès. Je pense qu’on n’a jamais vu un tel dispositif dans le canton de Fribourg, en tout cas dans la ville de Fribourg.

5.     Il y aura évidemment un débriefing avec la plateforme de coordination. Mais je rappelle encore une fois le caractère exceptionnel de la manifestation de par son ampleur: le samedi, 80’000 personnes ont afflué en ville de Fribourg. A titre de comparaison, c’est comme si on avait accueilli deux soirées du Paléo le même jour en ville de Fribourg, tout ça avec des délais courts. Les risques ont été identifiés, ils ont été pris au sérieux. Il y a eu des mesures exceptionnelles, vraiment énormément d’effectifs sur place. Une fermeture de jonction autoroutière ne s’est quasiment jamais vue et la fermeture du pont de la Poya ne s’est encore jamais vue  jusqu’à présent.

Tout ça pour résumer que tout s’est bien passé, il n’y a pas eu d’incident majeur. Il faut donc remercier toutes les personnes qui ont participé à cet événement, toute la coordination qui a été mise en place, gérée par la Police cantonale et évidemment les services de la Ville de Fribourg qui ont géré ça, qui ont mis beaucoup de temps et d’énergie pour qu’on puisse fêter ce titre dignement.
 

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